Rodolphe Touzé, Artisan Joaillier

Il a le goût des matières, des mélanges et des rythmes. Pour lui, la création d’un bijou c’est une minutieuse élaboration où peu à peu l’objet prend forme.

Matières et mélanges. Avant d’être bijoutier-joaillier, il était marionnettiste, inventant et façonnant des personnages sortis de son imaginaire à partir de matériaux aussi divers que l’argile, le papier mâché, la pâte à modeler, la résine et la fibre de verre. C’était à Nantes qui vivait alors dans la découverte des géants qui surgissaient des ateliers de la compagnie «Royal de Luxe», groupe d’accoucheurs de talents dans la mouvance duquel il faisait ses premières armes.

Rythmes. Il développe une approche polyphonique héritée d’une formation de percussionniste multi-instrumentiste (conga, derbouka, djembe, bongo) à la croisée des styles musicaux.

Formé à BJO (Ecole professionnelle de la Bijouterie, Joaillerie et Orfvèvrerie à Paris), sans doute la formation la plus complète en matière des savoir-faire qui participent à l’élaboration d’un bijou des premières ébauches à sa complète réalisation, Rodolphe Touzé revendique pleinement la belle appellation d’artisan. Il a complété son « apprentissage » par une solide connaissance de la gemmologie.

On sent chez lui le besoin de maîtriser toutes les étapes du processus de création et de réalisation, depuis le choix des pierres  jusqu’aux soucis du moindre détail, avec un soin tout particulier aux multiples étapes de la finition. Technique et esthétique font à ses yeux parties intégrantes et aussi importante l’une que l’autre du travail qui conduit à la « belle ouvrage ».

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Rodolphe Touzé

Artisan Joaillier, Paris

Philosophie

Inspiration

De toutes les facettes de ses expériences, il a appris à se nourrir d’inspirations multiples bien au-delà du seul champ de la maîtrise technique de son métier. Parmi ses influences –ou plutôt ses sources d’inspiration revendiquées- on peut citer entre autres :

– l’art japonais -depuis les paysages des estampes d’Hokusai jusqu’aux tsubas, boucles de sabre des Samouraïs ;

– l’importance de la composition, l’union intime dessin-matières et l’harmonie des couleurs de René Lalique. Un véritable univers dont il est profondément imprégné (au point d’une marque de filiation venue tout naturellement jusque dans la conception de son logo) ;

– les illusions d’optique architecturales du graveur et peintre flamand M.C. Escher et le besoin de s’immerger dans les formes tracées pour un travail de compréhension inconsciente ;

– le modernisme du design d’un Philippe Starck qui l’a conforté dans le soin d’allier en permanence esthétique et ergonomie-portabilité…

De tous ces regards, il a appris l’adaptation du décor à la forme, l’équilibre entre exubérance et épure, les liens entre stylisation et travail de la matière.

Dans l’approche artistique, il sait conserver l’instinct  –et y met même une obstination assumée-  mais n’oublie jamais la maîtrise des «figures imposées», estimant même que sinon la création véritable n’est pas envisageable. Pour lui, les contingences techniques ne sont nullement un frein à l’épanouissement de celle-ci.

Prise de rendez-vous